Le temps qui passe à Foulaquier

Un mardi soir pas comme les autres nous attendait chez Blandine et Pierre. Un apéro du soir qui marque. Pierre et moi avions parlé des blancs, des jolies oxydations présentes sur « L’oiseau Blanc ».

Pierre nous invite alors à déguster L’oiseau 2011 et 2013. 11 nous révèlera une jolie surprise. Une belle couleur or intense, un superbe nez pétrolant, sur des notes de citron confit marocain, de girofle et d’acacia. La bouche intense citronnée et légèrement miellée se termine sur un côté très sec qui ferait pâlir des grands chenins. 13 nous présente des arômes de pêche blanche au sirop,  de cire d’abeille et se termine sur le miel de garrigues. Trop tôt pour les notes pétrolées : quoique très beau lui aussi, il nous emporte moins que 2011.

Le super apéro aurait pu s’arrêter là, mais Blandine nous propose alors de découvrir son grenache en Amphore du millésime, maudit, 2016. La grêle avait ravagé les vignes 15 jours avant les vendanges. Le 16 août, alors que j’étais déjà en séjour au domaine. La cuvée « Les Amours Vendangeurs » est tirée directement sur l’amphore. Sa robe est légère et limpide, brillante. Le premier nez nous étonne par ses notes de cerise du nord et de groseilles rouges,  pinotant brillamment. L’attaque en bouche nous paraît extrêmement fraiche sur le côté acidulé de la cerise rouge. Le  vin est d’une grande pureté, frais, aérien, loin des lourdeurs des grenaches trop mûrs. On pense inévitablement à d’autres références, Fonsalette, Colt d’Olivier Pithon… Les bouteilles seront certes vendues aux alentours de 30€ mais la brillance de ce vin est à ce prix.

Mais ce n’est pas fini. La dernière grosse surprise viendra de Pierre. Un vin carafé et à l’aveugle : les effluves de Côte-Rôtie nous arrivent très vite au nez. Tout le monde est certain, c’est une syrah ! Pas trop vieille, juste quelques années pour que le côté viandeux des syrahs du nord et les fines épices nous arrivent ; il y a encore un peu de réduction au premier nez, mais très vite dissipée à l’aération. Blandine s’essaye, c’est la Syrah de Gramenon ! Moi, plus perplexe (je n’ai pas d’alcool au nez), je reste en syrah septentrionale. Pierre, sourire aux lèvres, sait que le piège a fonctionné. Et ce n’est pas sans jubilation qu’il nous présente la bouteille : Rollier 2000 ! Grenache majoritaire, assemblée à la syrah, un vin de 18 ans sans aucune trace d’évolution, ni au nez, ni en bouche. Un grand millésime et une très grande réussite pour Pierre. S’il vous reste quelques Rollier, cuvée abandonnée il y a 4 ans, ne paniquez pas, le temps lui fait du bien.

François

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